Actionnariat familial et marchés financiers : deux logiques compatibles ? |
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Les nombreuses sociétés familiales qui composent la cote parisienne sont aujourd'hui confrontées à de nouvelles exigences de bonne gouvernance d'entreprise. Un enjeu qui intervient alors que les investisseurs apprécient de plus en plus la stabilité actionnariale de telles sociétés. Il reste que ces dirigeants se sentent parfois tiraillés entre la vision souvent court terme du marché et leur propre logique patrimoniale. Peut-il y avoir une communauté de vue entre ces deux approches ? Comment gère-t-on une entreprise familiale cotée en Bourse ? Ces questions ont été posées aux dirigeants de deux sociétés de l'Eurolist C : Philippe Robardey, président de Sogeclair, et Jean-Paul Siret, président du Groupe Noble Age sont revenus sur leur choix patrimoniaux et leurs exigences de dirigeants. Si le capital de leurs sociétés est majoritairement familial, une différence de taille distingue chacun des PDG. Philippe Robardey a succédé à son père Jean-Louis Robardey à la tête du groupe d'ingénierie tandis que Jean-Paul Siret a choisi son fils Willy comme directeur d'exploitation de son groupe spécialisé dans la prise en charge des personnes âgées dépendantes. « Je suis allé chercher une compétences chez mon fils qui a fait l'EM-Lyon alors que ses sœurs n'interviennent pas dans le développement du groupe », précise Jean-Paul Siret. De son côté, Philippe Robardey se souvient de ses débuts en tant que Directeur Général avec une mission « aux contours mal définis » et d'une transition qui fut « un exercice difficile ». Avec un père toujours présent, être le nouveau patron a parfois exigé des mises au point, « même si les grands axes sont partagés, il existe des différences sur le mode opérationnel ». Comme mode opératoire, le président de Sogeclair a toujours distingué « un pouvoir qui ne se partage pas dans l'exécutif » et « les intérêts et les droits des actionnaires familiaux ». Leurs rapports respectifs avec la Bourse reste serein. « La présence d'un actionnaire familial s'inscrit dans une durée et les investisseurs qui viennent vers nous ont intégré ce paramètre », explique Philippe Robardey. « Ils viennent chercher une sécurité », précise même Jean-Paul Siret. Les investisseurs peuvent être surtout rassurés par le fait que le capital de l'entrepreneur « est forcément dans l'entreprise » ce qui rajoute « de la confiance ». Et Le PDG du Noble Age de prévenir que les actionnaires qui souhaitent faire « un coup ne doivent pas mettre en jeu le dirigeant qui peut actionner le jackpot ». Avec chacun des fonds d'investissements dans leur capital, les deux entrepreneurs n'abordent pas ces interlocuteurs de la même façon. Pour Sogeclair, « leur logique s'inscrit dans le moyen terme car ils nous ont choisi sur notre profil de petite capitalisations mais aussi d'entreprise familiale ». De son côté, Jean-Paul Siret se méfie de certains fonds qui « peuvent conduire à des petits bouts de court terme sans arrêts » alors que son groupe est forcément engagé dans des investissements de long terme. Sur le plan bancaire, leurs interlocuteurs apprécient chez chacun d'eux une structure à capitaux familiaux « dans des périodes d'incertitudes ou d'instabilité des marchés ». Mieux, ils observent que les instances régionales sont « plus à l'écoute » d'un employeur à capital familial. Le « devoir de continuité » est présent à l'esprit de ces dirigeants même si Philippe Robardey ne « souhaite pas que mes enfants travaillent avec moi mais je n'exclus pas de travailler avec eux ». Il reste que pour le moment, ces derniers « n'envisagent pas l'entreprise ». Pour Jean-Paul Siret, si les enfants sont « compétents ils prennent du coup une vraie place ». Enfin, tous deux ont à cœur une bonne gouvernance d'entreprise même si celle-ci s'est mise en place plus doucement chez Sogeclair en raison du poids des fondateurs historiques. Aujourd'hui, hors son père et lui-même, Philippe Robardey ne compte que des administrateurs indépendants à son conseil d'administration. Chez Le Noble Age, Willy Siret est rentré au conseil juste avant l'introduction sur l'Eurolist en juin dernier en raison d'un départ ce qui conduit le conseil du groupe à compter aujourd'hui « trois indépendants et trois personnes issus du capital et de l'opérationnel ». |











