Actions : favoriser les stratégies défensives ou miser sur un rebond des marchés ? |
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| Écrit par Pierre Havez |
| Vendredi, 09 Décembre 2011 14:26 |
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Les mauvaises performances des marchés actions des 10 dernières années, et la décollecte des encours de la part des investisseurs institutionnels depuis cet été, ont entrainé une sous-valorisation de cette classe d'actif. Au point que certains y voient des opportunités de réinvestissement. Après une décennie de croissance mondiale forte de certaines classes d'actifs, en particulier les matières premières (Pétrole Brent + 258%, Or Spot +297%) ou immobilier (+101 % en France), les actions, hormis celles liées aux marchés émergents (+141% MSCI Emerging Markets), sont à la traine (-17% MSCI World, -15% MSCI Europe). En Europe, les investisseurs se détournent ainsi de ces marchés d'actions en recul depuis 10 ans, au profit de celui des obligations, dont les risques sont pourtant de plus en plus mis en évidence, mais encouragés à par des Etats en quête de financement. Valeurs de rendement et non-cycliques privilégiées Pour autant, pour Frédéric Ponchon, gérant de fonds de la société de gestion Sycomore Asset Management, ce contexte de sous-valorisation suscite justement un fort potentiel de plus-values : « Aujourd'hui les niveaux de valorisation sont bas après une purge des marchés, au cours de la dernière décennie. Il s'agit d'une condition nécessaire à l'appréciation des marchés », indique-t-il. En tout cas, cette baisse constitue pour lui « une protection en cas de chute des marchés ». En particulier, l'Europe serait la zone la plus décotée, d'où la nouvelle attractivité des actions des entreprises du Vieux continent. Du fait de la « très forte corrélation entre l'évolution des bénéfices par action (BPA) et celle des marchés (Euro Stoxx »), et du niveau élevé de ces rendements dans la zone Euro, il recommande une sélection prudente de placement : « Il n'y a pas de rebond durable et significatif à attendre dans les 6 prochains mois, mais il existe des valeurs attractives si l'on choisit des valeurs défensives ». Il privilégie donc des sociétés sans risques de dévalorisation, peu cycliques et dotées d'une bonne visibilité à long terme dans le secteur de l'agro-alimentaire (Unilever, Danone) ou de la cosmétique (L'Oréal, Sanofi), ainsi que des valeurs à rendement pérenne du secteur pétrolier (Total, Eni) ou encore des télécommunications. Autres opportunités identifiées par le gérant : les petites valeurs, dont l'indice Eurostoxx Small a progressé de 47% en 10 ans, contre un recul de 31,4% de l'Eurostoxx 50. « Les valeurs cycliques plus risquées sont peu chères, et leur volatilité élevée favorise leur rebond » Plus offensif, Vincent Guenzi, responsable de la stratégie d'investissement de la société de gestion Cholet Dupont recommande plutôt dans son étude pour décembre 2011 de « continuer à alléger les portefeuilles, de manière sélective en profitant des reprises techniques ». Il précise ses propres critères de sélectivité : « certaines valeurs de qualité, à bonne visibilité, que nous privilégions, deviennent chères. Les valeurs cycliques et bancaires, plus risquées, sont peu chères et leur volatilité élevée favorise leur rebond ». Cette stratégie correspond à une vision à court et moyen terme plus optimiste du marché : la société prévoit ainsi un CAC 40 aux alentours de 3 400 au 31 décembre 2011. « En 2012, l'or demeure une valeur refuge par excellence » En revanche, tous s'accordent sur le fait que l'année 2012 devrait être plus difficile. Selon la société de gestion Cholet Dupont l'indice du CAC 40 devrait dès lors chuter autour de 3 100 au 30 juin 2012 : « Pour 2012, l'incertitude reste forte. Dans un contexte économique et financier toujours tendu en Europe et aux Etats-Unis, la baisse des profits des entreprises pourrait s'accentuer et provoquer de nouveaux replis des actions » précise-telle. A moyen terme, elle anticipe au contraire une tendance positive pour les obligations des pays émergents, l'or et les métaux précieux. Un appétit pour l'or que partage, Alan Mudie, directeur de la gestion (chief investment officer) à l'Union Bancaire Privée (UBP) : « la théorie classique de gestion de portefeuille, basée sur l'existence d'actifs sans risque, n'est plus valable aujourd'hui ». En conséquence il considère également que l'or – cours de 1 715 dollars le 09/12/2012 à Londres - demeure « une valeur refuge par excellence » et même « l'ultime protection contre le risque de chaos monétaire et de dépréciation des monnaies ». A tel point que Jean-François Faure, PDG-fondateur de Aucoffre.com, anticipe une poursuite de la hausse de l'once d'or à 2 500 dollars (1 870 euros) en 2012... |
















