Bourse : trois pistes pour traverser la crise |
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Les marchés devraient encore être malmenés pendant quelques mois. Pour faire face, suivez nos conseils : soyez sélectifs, privilégiez les rendements et profitez du dégonflement de la bulle sur les énergies renouvelables.
Que faire en Bourse après cette année noire ? Les marchés boursiers mondiaux sont dans une phase descendante (ce que les spécialistes appellent le "bear market") depuis août 2007. Ils anticipent aujourd'hui des baisses de bénéfices plus importantes (de l'ordre de 50% en Europe 40% aux Etats-Unis et 35% au niveau mondial) que lors des dernières phases de ralentissement économique (-36% en moyenne depuis 1973 en Europe, -18% aux Etats-Unis et -13% au niveau mondial). Même au Japon, les profits n'avaient pas perdu plus de 52% dans les années 90, période au cours de laquelle le pays avait été confronté à de nombreuses difficultés, comme des créances bancaires douteuses, la chute des prix immobiliers et la déflation (replis structurels des prix et des salaires). Un rebond en septembre 2009 selon Warren Buffet L'histoire montre que les « bear markets » s'accompagnent toujours de périodes de baisse des bénéfices des entreprises. De tels comportements de marché coïncident aussi souvent avec des périodes de récession et/ou de hausse de l'inflation et de resserrement monétaire. Dans la première phase d'un « bear market », les nouvelles sont mauvaises. Les cours boursiers chutent rapidement, les profits se replient et l'environnement économique se détériore fortement. La question est de savoir où les marchés d'actions mondiaux se trouvent actuellement et quand la seconde phase du « bear market » débutera. Durant cette seconde phase, les bénéfices des entreprises continuent de baisser, mais la situation évolue progressivement et la tendance baissière s'atténue. On observe aussi certains signes d'assouplissement de la politique monétaire. « Le passé, 1993 en Europe ou 1995 aux Etats-Unis, révèle que les actions remontent de 6 mois à 1 an avant l'économie souvent par contagion avec les obligations, grâce à la baisse des taux longs induite par la récession », relève François Chevallier, économiste chez VP Finance. Le milliardaire Warren Buffet, oracle de la Bourse, avait prédit que la baisse sur les marchés (à partir du déclenchement de la crise des subprimes à l'été 2007) allait durer 24 mois : si sa prévision est juste, le rebond devrait avoir lieu en septembre 2009. Ne pas vendre aujourd'hui Faut-il pour autant se détourner totalement des actions ? Première réponse : du point de vue des probabilités, il apparaît difficilement concevable que le CAC 40 puisse enchaîner deux années à -40%. Deuxième observation : nombre de valeurs se payent actuellement sous leurs fonds propres 2008 alors qu'elles ne seront pas en pertes mais verront simplement leur résultat diminuer. Aberration sans doute due au phénomène de marché (nombre de fonds en mal de liquidités furent obligés de vendre). En somme, en réduisant votre portefeuille d'actions aujourd'hui, vous risquez donc de rater le prochain train de hausse. Un point de vue corroboré par les spécialistes. « Lorsque les marchés déçoivent, certains investisseurs sont tentés de vendre leurs actions. Cela peut leur permettre de limiter les pertes à court terme, mais en agissant de la sorte, ils risquent de passer à côté du prochain rebond boursier », estimait fin novembre ING Investment Management. Dans l'attente d'un rebond général, la rédaction de toutsurlesplacements a identifié trois approches susceptibles de traverser la tempête boursière sans trop de dommages : Soyez sélectifs comme les pros : pratiquez le « stock picking » Soyez sélectifs comme les pros : pratiquez le « stock picking » Le stock picking, kezako ? Synonyme de « sélection de valeurs », cette approche est une véritable philosophie d'investissement pratiquée par de nombreux gérants de fonds, particulièrement sur les valeurs moyennes (moins de 1 milliard d'euros de capitalisation). Le stock picking repose sur l'hypothèse selon laquelle ce sont les actions en tant que telles et non l'allocation d'actif qui apportent le plus de valeur ajoutée dans un portefeuille. Comment se convertir à cette approche ? Le stock picking implique une connaissance très fine des entreprises dans lesquelles vous allez investir, cela prend donc du temps : rendez vous aux assemblées générales, contactez les dirigeants par téléphone ou par email, analysez les données financières des entreprises (bilans, bénéfices, génération de trésorerie)... Mieux vous comprendrez une société, mieux vous serez armé pour en évaluer le potentiel, ainsi que celui de ses performances financières et de son cours. Mais avant de choisir vos valeurs, prenez le soin de déterminer le(s) secteur(s) dans lequel vous allez investir, ou en tout cas ceux que vous devrez éviter. « Les secteurs défensifs, tels que la santé ou les biens de consommation non-cycliques demeurent les plus attrayants à court terme. Un retour en grâce des secteurs de consommation cycliques et des valeurs financières pourrait toutefois se produire dans le courant de l'année 2009, lorsque les perspectives de croissance s'amélioreront », considère David Ganozzi directeur général de Fidelity Gestion. Autrement dit, privilégiez l'agro-alimentaire et les boissons et évitez des secteurs comme le travail temporaire, la sidérurgie et les financières. Prenez également le soin d'examiner les situations spéciales, notamment les valeurs susceptibles de se faire racheter et/ou retirer de la cote. L'historique récent démontre que ce sont ces titres qui sont parmi les plus rémunérateurs ces derniers temps : nous pensons aux OPA menées cette année sur les éditeurs de logiciels Genesys, GL TRADE ou ILOG acquis par des groupes américains avec des primes substantielles : +49,7%, +24% et +37% respectivement par rapport au dernier cours coté. Il n'y a en effet jamais de fumée sans feu : Pierre Gatignol, le co-président de GL TRADE avait annoncé 3 mois avant l'OPA que la banque d'affaires Morgan Stanley avait été mandatée assister les actionnaires dans l'examen des « options stratégiques ouvertes à GL Trade [...] y compris la cession de leur participation ». Soyez à l'affût des déclarations officielles des dirigeants d'entreprises et ne vous fiez pas trop aux forums boursiers... Avec la chute des cours, les valeurs de rendement à saisir Nombre d'experts s'accordent sur ce point : la chute des cours de nombreuses valeurs relève plus de l'anomalie que de la logique économique. Dans ces conditions, les sociétés qui seront suffisamment solides pour maintenir la distribution d'un dividende à leurs actionnaires leur procureront des rendements très significatifs. « Les rendements des dividendes sont sur des niveaux historiquement élevés », relève David Ganozzi directeur général de Fidelity Gestion. Si ING Investment Management estime que les dividendes vont baisser de 20% en moyenne, bien plus que lors des précédentes récessions, l'établissement juge que « les rendements des dividendes seront supérieurs à ceux des obligations d'Etat et aux rendements de l'épargne » et que les entreprises qui versent des dividendes élevés et durables « devraient surperformer le marché (principalement celles des secteurs défensifs) ». Quid des actions immobilières ? Faut-il pour autant se positionner sur les actions immobilières, qui procurent des rendements dépassant les 10%, voire 15% ? Certains spécialistes préfèrent éviter. Tel est le cas de ING Investment Management. « En dépit de rendements de dividendes attractifs, nous maintenons notre sous-pondération en actions immobilières. Une récession pourrait avoir un impact négatif sur les taux de vacances et de location [et] mener à bien un projet immobilier devient de plus en plus difficile et les coûts d'emprunt ont très fortement augmenté ». Profitez du dégonflement de la bulle Energies renouvelables Le contrecoup de la crise financière a eu au moins un mérite, celui de dégonfler la bulle des valeurs du secteur des énergies renouvelables. Portées aux nues grâce à l'abondance de liquidité qui dopait les cours de Bourse et facilitait l'accès au crédit pour financer les investissements dans les centrales solaires éoliennes, les valeurs du secteur ont senti le vent tourner depuis quelques mois. L'intensité capitalistique de certaines des valeurs vertes (les fermes éoliennes ou parcs solaires exploités en propre nécessitent de supporter des investissements financés entre 5 et 25% en fonds propres, le solde par endettement) les a fait souffrir en première ligne lors des mois de septembre et octobre « noirs » en 2008. Les gérants de fonds ont en effet adopté des raisonnements primaires tels que « debt is bad » (« la dette c'est mauvais »). La purge a donc permis de ramener ces sociétés à des multiples de valorisation plus décents et de séparer le bon grain de l'ivraie. La logique durable et pérenne du secteur des énergies renouvelables devrait permettre de faire la différence lorsque la crise économique sera installée et que ces mêmes gérants seront en quête de valeurs moins cycliques et présentant une visibilité à moyen-long terme. Visibilité que procurent par essence les sociétés présentes dans les énergies renouvelables, les prix de rachat de l'électricité verte produite étant garantis sur au moins 15 ans. Comment choisir ? La rédaction de toutsurlesplacements.com a identifié sur la Bourse de Paris 9 valeurs positionnées sur la production d'électricité d'origine renouvelables. Aerowatt - Alternext - Code ISIN FR0010396119 Nous pouvons ajouter à cette liste Vergnet (Alternext - Code ISIN FR0004155240), fabricant de turbines pour les éoliennes de moyenne puissance qui opère également dans l'induction d'eau. Comment procéder pour choisir ? Un écrémage s'impose, procédons donc par élimination selon quels critères simples : pas de titres dont la liquidité est trop faible (ce qui exclut de facto le Marché Libre, voire Alternext), pas de valeurs de sociétés font face à des problématiques de financement et, cela va sans dire, pas de valeurs qui ont déçu ou émis un avertissement sur résultats récemment. Ceci effectué, deux valeurs se distinguent, répondant à nos exigences. De surcroît, elles disposent déjà d'une capacité de production installée significative, de sorte que le cash-flow généré permet de participer au financement des nouvelles installations : EDF Energies Nouvelles (cours de 26€ lors de la publication de l'article) Séchilienne-Sidec (cours de 27€ lors de la publication de l'article) Avertissement Ce dossier suggère quelques thématiques d'investissements reflétant la perception de la rédaction à la date de la publication, et présente quelques opinions susceptibles d'être révisées ultérieurement. Rappelez-vous que l'investissement dans les actions est risqué par nature, n'y investissez pas plus d'argent que vous ne pouvez vous permettre de perdre. Avant d'investir, nous recommandons à nos lecteurs de consulter un conseiller financier. |















