Que faire face au vent de panique provoqué par la crise du « subprime » sur la Bourse ? Tout porteur d'actions se pose bien évidemment la question après avoir vu le cours de certaines actions perdre le terrain gagné ces derniers mois.
Sauve-qui-peut généralisé
Pour mieux comprendre comment les marchés financiers en sont arrivés là, il s'avère nécessaire de comprendre la principale raison de cette correction boursière. D'abord cantonnée à Wall Street, la crise du « subprime » aux Etats-Unis commence à gripper sérieusement les marchés mondiaux qui redoutent une extension des problèmes du crédit immobilier à risque américain aux institutions financières. Beaucoup de fonds dit monétaires ont acheté de ce type de crédits d'où la peur d'une contagion à l'ensemble du système de financements. Alors qu'il y a à peine 10 jours, tout allait pour le mieux sur la planète finance avec un Dow Jones qui avait franchi le seuil historique des 14.000 points, les craintes d'un assèchement du crédit et d'une pénurie de liquidités se sont renforcées sur l'ensemble des places financières. Dans ce contexte, la Banque Centrale Européenne (BCE) a décidé d'injecter des liquidités supplémentaires. « La raison en est la suivante : redoutant d'enregistrer de nouvelles pertes liées aux crédits immobiliers à haut risque ou à d'autres formes de crédit, les banques refusent de se prêter de l'argent entre elles », analyse Keith Wade, chef économiste de la banque Schroders. Comme pour toute période de vente massive sur les marchés, les acteurs recherchent activement des liquidités. On assiste donc à un sauve-qui-peut généralisé ce qui a eu pour conséquence des ventes d'actifs très peu liés aux difficultés actuelles (marchés d'actions, des devises à haut rendement et même des matières premières). D'où de fortes baisses des cours de Bourse.
Incertitude sur la durée de la purge
« A moins de penser que cette crise va largement impacter les perspectives de l'économie mondiale, les actions devraient en définitive présenter des potentiels de valorisation intéressants », considère Keith Wade. Avec un PIB mondial attendu en hausse de 5,2% cette année, l'activité économique mondiale demeure très robuste et il semble peu probable que le resserrement des conditions de crédit soit suffisamment brutal pour faire dérailler l'économie mondiale. « Toute la difficulté est donc de savoir combien de temps va durer ce mouvement de vente massive », s'interroge le chef économiste de Schroders et à quel moment précis il faudra se repositionner. Dans la mesure où les fonds continueront à réduire leurs positions, il ne lui paraît pas opportun aujourd'hui de se replacer à l'achat alors que le courant vendeur n'est pas achevé. Dans ces conditions, il convient de ne pas céder à la panique et de conserver ses positions pour l'instant avant de saisir d'éventuelles opportunités en moyennent certaines valeurs à la baisse. |