Investir dans les montres de collection : les aspects juridiques et fiscaux |
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Chacun traverse les frontières avec sa montre au poignet sans jamais se poser la moindre question sur les conséquences juridiques et fiscales. Il n'est donc pas rare d'acheter sa montre dans un pays étranger et de revenir chez soi sans penser à déclarer cet achat aux douanes ou encore à l'administration fiscale. Antoine Diehl, Avocat à la cour, précise quelques principes élémentaires. La garantie. Le principal aspect juridique de l'entrée et la sortie du territoire national d'objets d'horlogerie réside dans la mise en œuvre potentielle de la garantie. En effet, les garanties attachées à l'achat d'un objet, a fortiori une montre, sont de deux ordres : les garanties légales (par exemple, en France, la garantie des vices cachés) et les garanties contractuelles. Les garanties légales ne peuvent être mises en œuvre uniquement dans le pays dans lequel l'objet a été acquis. Ainsi, si un amateur achète une montre en Suisse, il ne pourra mettre en œuvre la garantie des vices cachés (qui existe en droit helvétique) qu'en Suisse, devant un tribunal suisse avec un avocat suisse. Sorties de territoire. La France a mis en place un système de protection de son patrimoine culturel, notamment en contrôlant les sorties des objets d'art, de collection et d'antiquité. Cette réglementation est applicable pour les biens situés en France. Ainsi, à partir du moment où un résident français a introduit en France un tel objet, la réglementation s'applique. En d'autres termes, lorsqu'on a au poignet une montre qualifiée de bien culturel, il est plus simple de la laisser à la maison lorsqu'on voyage ! TVA. Si une personne achète un objet dans un pays étranger (i.e. n'appartenant pas à l'UE), elle peut présenter son passeport et payer en hors taxe (duty free). Dans ce cas, il faut remplir plusieurs formulaires et soit se faire rembourser par l'Etat en question, soit ne pas payer la TVA (ce qui est rare). ISF. L'ISF porte sur l'ensemble des biens, droits et valeurs qui, au 1er janvier de l'année d'imposition, compose le patrimoine du redevable, y inclus les objets d'horlogerie. Ainsi, une montre de valeur doit être déclarée dans la déclaration ISF. En conséquence, l'achat en Suisse d'une montre de valeur doit être déclarée à l'administration fiscale l'année suivante, au titre de l'ISF. Pour ce qui concerne l'horlogerie, ce point est nouveau dans la mesure où l'ancienne instruction fiscale du 1er octobre 1999 n'incluait dans son champ d'application que les « articles d'horlogerie » de plus de 100 ans.
> En conséquence, tout objet d'horlogerie, même acheté à l'étranger, devra être déclaré à l'administration fiscale au titre de l'ISF, mais n'y sera pas imposé pour ce qui concerne les biens de plus de 50.000 euros et de plus de 50 ans. |















