Les émetteurs privilégient la prudence dans leurs rapports avec la communauté financière |
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| Lundi, 10 Août 2009 15:27 |
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En contact avec différents prescripteurs reconnus ou influents, le management des sociétés cotées se doit d'être à la fois le plus explicite possible tout en s'interrogeant sur la manière dont l'information est utilisée. Comment certains émetteurs abordent-ils aujourd'hui leurs relations avec les analystes et les journalistes financiers ? Quelle communication est possible pour des sociétés soumises à de nombreuses contraintes ? Ces questions ont été posées aux dirigeants de deux sociétés de l'Eurolist C : Jean-Claude Lavorel, président de LVL Médical, et Emmanuel Olivier, directeur général et vice-président du directoire d'Esker sont revenus leurs relations avec le marché financier et leur politique de communication. Premier constat pour Jean-Claude Lavorel, ses contacts avec la communauté financière ont évolué en raison des difficultés rencontrées par le groupe spécialisé dans l'hospitalisation à domicile. Si jusqu'en 2001, une vingtaine d'analystes suivaient la valeur, ce n'est plus le cas aujourd'hui puisque seulement quatre sociétés de bourse s'intéressent encore au titre. Il faut dire qu'entre temps, le groupe a frisé la catastrophe, étranglé un temps par sa dette et miné par une stratégie de rachat offensive. Pour son plus grand soulagement, le président dispose donc de plus de temps pour se concentrer sur son activité « alors qu'au début des années 2000, la communication représentait 30% à 40% de mes efforts » se souvient Jean-Claude Lavorel. Sa façon de communiquer a aussi changé, « fini le triomphalisme, nous nous contentons du minimum ». Même constat pour Emmanuel Olivier qui a vu fondre le nombre de ses interlocuteurs en même temps que la capitalisation boursière de sa société spécialisée dans l'édition de logiciels de dématérialisation et d'automatisation des échanges de documents. Et ce dernier de se souvenir que « lorsque notre cours dévissait, nous avons essayé de lutter, d'expliquer plus précisément notre stratégie. Au final, beaucoup d'efforts pour un résultat nul ». Les deux dirigeants ont aussi un regret commun : être confrontés à des articles sur leurs sociétés respectives « sans n'avoir jamais vu le journaliste ». Las, ils se sont aussi résignés aux excès et à la logique « moutonnière » des acteurs du marché financier. « Lorsque tout va bien, on vous encense pour tout et n'importe quoi, et quand tout va mal, les réactions sont aussi disproportionnées », confie Jean-Claude Lavorel. Tous deux constatent aujourd'hui que plus que les analystes ou les journalistes, ce sont actuellement les gérants qui sont le plus demandeurs d'informations sur leurs entités respectives. Il reste que la prudence est devenue la règle pour ses dirigeants lors de leurs entretiens avec les différents interlocuteurs qui composent la communauté financière. « L'Autorité des Marchés Financiers pèse fortement sur ce que l'on va dire », constate ainsi Emmanuel Olivier qui rappelle qu'il ne peut plus délivrer de prévisions chiffrées sans les avoir fait auditer par ses commissaires aux comptes. Si la bourse reste un marché d'anticipation, il est donc devenu très difficile de délivrer des perspectives. « On est toujours sur le fil », indique d'ailleurs le directeur général d'Esker alors que le président de LVL a fait le choix de ne communiquer « que des fourchettes basses ». « Nous nous contentons de parler de notre activité tout en prenant bien soin de justifier les données de marchés que nous sommes susceptibles d'indiquer », prévient le directeur général d'Esker. Plus globalement, Emmanuel Olivier déplore que « les règles qu'on nous impose sont les mêmes que pour les grosses valeurs » tout en remarquant « que les questions de l'AMF se sont accrues et il y a plus de suspicions vis-à-vis des petites entreprises ». Autre paradoxe pointé du doigt, la cotation implique certes une transparence mais « il y a des informations qui doivent rester un temps confidentielles dans l'intérêt de l'entreprise et donc de l'actionnaire ». Toutefois, l'intérêt de la Bourse reste entier pour ces deux sociétés. « Nous sommes rentrés en Bourse en 1997 pour se développer aux Etats-Unis tout en procédant à des croissances externes. Nous avons pu payer en titres ces rachats et sans le marché financier, cela aurait été impossible », constate Emmanuel Olivier. Du côté de Jean-Claude Lavorel, le constat est proche, « LVL a connu une valorisation qu'aucune société de capital-développement ne nous aurait donnée. Notre valorisation nous a permis de lever des fonds dans de très bonnes conditions ». |











