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Les futurs émetteurs à l’aune de la naissance d’Alternext

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Alors que le lancement d'Alternext est prévu demain avec la cotation de Meilleurtaux.com, on peut légitimement s'interroger sur les attentes des futurs entrants sur ce petit dernier de la cote parisienne.

Marché « régulé » aux exigences réglementaires assouplies, Alternext doit permettre aux PME de retrouver le chemin de la Bourse. C'est le cas de Meilleurtaux.com, dont le président est Christophe Crémer, de Grosbill.com avec à sa tête Laurent Monteil et Dominique Wroblewski mais aussi de Olivier Novasque, PDG de SideTrade. Déjà cotée sur le Marché Libre depuis 2001, Adomos, avec pour président Fabrice Rosset, compte pour sa part opérer prochainement un transfert sur Alternext. Toutes ces entreprises devront avoir un « listing sponsor », intermédiaire agréé par Euronext qui les accompagnera dans leur vie boursière et sera le garant du respect des obligations de communication. Yannick Petit, ex-directeur général adjoint du Nouveau Marché, aujourd'hui PDG d'Avenir Finance Corporate, sera l'un de ces « gardiens du temple ».

Une diversité des secteurs indispensable.

Le choix d'Alternext est apparu comme une évidence pour les futurs entrants qui à l'instar de Christophe Crémer, le président du courtier en crédit immobilier, « est trop petit pour commencer sur l'Eurolist et veut profiter d'un marché aux règles moins contraignantes ». Pour les dirigeants de Grosbill.com, société de vente de matériel informatique sur Internet, l'objectif est aussi « de profiter de l'effervescence autour de ce nouveau marché pour nous faire connaître du grand public alors que nous sommes un site à destination des spécialistes », indique Dominique Wroblewski, le directeur général qui compte sur la Bourse pour augmenter les fonds propres de son entreprise. Olivier Novasque, le président de la plateforme de gestion en ligne du poste clients SideTrade, compte bénéficier « de cette troisième voie entre le Marché libre et l'Eurolist et de l'aura de la nouveauté d'Alternext » tout en communiquant vers ses clients, les directeurs financiers, et ainsi « renforcer sa crédibilité ». Très satisfait d'un Marché Libre « qui fonctionne déjà très bien pour nous », Fabrice Rosset, le PDG de la société spécialisée dans la vente d'immobilier d'investissement locatif, a été séduit par la volonté de transparence et de liquidité affiché par Alternext. Pour Yannick Petit, l'arrivée d'Alternext arrive à point après « un Nouveau Marché en bout de souffle et un Second Marché qui s'était embourgeoisé » et ce dernier se félicite par avance de ce compartiment qui offre « plus de sécurité aux investisseurs et des conditions d'accès facilitées pour les émetteurs ». Mais selon le président d'Avenir Finance Corporate, le véritable défi est de pérenniser ce marché « grâce à un régime fiscal adapté ». Un constat qui intervient alors qu'Euronext n'a pas encore réussi à convaincre Bercy de l'opportunité d'un régime fiscal avantageux pour les investisseurs, ce qui est un élément déterminant de l'actuel succès de l'Alternative Investment Market (AIM), la bourse des midcaps de la place de Londres. Pour atténuer les crises que connaîtra forcément la Bourse, Yannick Petit prône aussi la diversification des secteurs et des sociétés représentés sur Alternext, alors que pour l'instant les valeurs internet semblent se tailler la part du lion. Une diversité indispensable « en cas de panique sur les valeurs technologiques », prévient Olivier Novasque. Il reste que ce type de sociétés est logiquement surreprésenté pour l'instant selon Fabrice Rosset car « elles ont un potentiel de croissance plus fort que la plupart des autres entreprises ».

Préparation au grand saut boursier.

Parallèlement, ce choix d'une inscription sur Alternext se révèle être davantage l'apanage des dirigeants que celles des investisseurs présents depuis la phase de démarrage de ces ex-jeunes pousses. « Nous n'avons pas été poussés vers le marché par nos fonds, Apollo Invest et Acces2net. Nous voulons faire une augmentation de capital pur et nos investisseurs ne s'inscrivent pas pour l'instant dans une dynamique de sortie », rappelle Olivier Novasque pour SideTrade. Parallèlement, la préparation de l'introduction se révèle « chronophage » de l'aveu de tous les dirigeants, SideTrade ayant du coup engagé un consultant à plein temps pour cela tandis que Grosbill.com admet avoir sous-traité toute cette phase préliminaire.

En attendant, chacun s'est préparé au grand saut boursier. Une fois cotées, ces entreprises devront en effet apprendre à communiquer vis-à-vis de la communauté financière tout en publiant des comptes annuels et semestriels (mais pas forcément au BALO). Cette rigueur de gestion ne sera pas « une révolution interne » pour Meilleurtaux qui a déjà l'habitude de ce type de tableaux de bord mais qui a quand même choisi « de s'entourer de professionnels » pour faire face à son nouveau statut. Sidetrade procède déjà des reporting mensuels pour ses investisseurs, « il faudra les retraiter dans la forme », souligne Olivier Novasque qui vient aussi de s'entourer de deux agences de presse, une pour le corporate et une autre pour le commercial. Cette annonce de résultats « sera plutôt un exercice de style sur la forme plutôt que sur le fond », anticipe Dominique Wroblewski accoutumé lui aussi à ce type de travail.

La liquidité en question.

Fort de son expérience de près de quatre années de cotation, le président d'Adomos précise que « la communication vient après le business car c'est la qualité de la société qui va faire son cours de bourse ». Il est vrai qu'au départ, Adomos avait fait le choix de ne pas communiquer avant de revenir sur le devant de la scène en 2004. La raison en est simple pour Fabrice Rosset « Quand on a pu démonter la pertinence de notre stratégie, il nous a paru intéressant de mieux nous faire connaître des professionnels et des petits porteurs ».

Si la qualité et les résultats des sociétés sont des éléments clé du succès d'un parcours boursier, la liquidité d'Alternext sera un autre point capital de sa possible réussite. Comme pour lui aussi, « les financiers ne veulent pas vendre », Meilleurtaux va s'inscrire avec un flottant représentant moins de 10% du capital après admission, « ce qui va progressivement s'agrandir », assure Christophe Crémer. Du côté de Grosbill.com, les dirigeants comptent mettre sur le marché « 10 à 20% des titres par augmentation de capital » et n'hésiteront pas à se diluer « pour répondre aux besoins de la société ».

Il reste que les investisseurs seront sélectifs, assure Yannick Petit qui prédit que « des sociétés seront plébiscitées et d'autres simplement souscrites, ce qui sera un signe de maturité d'Alternext ». Pour être crédible, « nous avons besoin d'une masse critique de 300 sociétés », indique le listing sponsor qui espère pour cela que les délais d'obtention du visa par l'AMF soient plus rapides.

 

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