Les règles fixées par Euronext doivent s’appliquer |
|
|
|
Jean-François Théodore, le président d'Euronext, a confirmé le mois dernier la suppression des marchés historiques de Paris, à savoir le premier, le second et le nouveau, au profit d'une liste unique. Ce changement, qui doit notamment rendre plus lisible la cote française au niveau européen, n'a pas soulevé de réactions du côté des émetteurs. Ce marché unique va t'il profiter aux valeurs moyennes, toujours à la recherche de plus de visibilité ? Pour en débattre, Dominique Louis, président de Assystem-Brime, groupe d'ingénierie et de conseil en hautes technologies, Pierre-Henri Gaudriot, PDG de la société éponyme de services et de conseil en environnement et Guy Mamou-Mani, directeur général du groupe informatique Groupe Open, (distributeur de matériels informatiques et SSII). Confusion des trois marchés. En fait, ce prochain compartiment unique ne pose pas vraiment de problèmes pour ces dirigeants de valeurs moyennes. D'ailleurs, « les différents marchés ne servent à rien » indique le président d'Assystem, pour qui, il est logique qu'avec « un marché devenu européen, la lisibilité de la cote sera meilleure avec une catégorie par pays ». De son côté, le directeur général du Groupe Open constate que l'existence de trois marchés « a rajouté à la confusion » et cette mesure aura « au moins le mérite de permettre un toilettage de la côte. Mais si Euronext ne fait que cela, rien ne changera vraiment. Il doit y avoir d'autres mesures pour favoriser les valeurs moyennes ». Même constat pour Pierre-Henri Gaudriot qui espère que cette mise en place permettra de « mettre fin à la pagaille qui existe entre les sociétés du Nouveau et du Second Marché ». Si le choix entre ces deux catégories de compartiment a fait couler beaucoup d'encre et poser de vrais dilemmes lors de leurs introductions chez certains dirigeants de midcaps, ce débat est aujourd'hui considéré comme obsolète avec le tarissement des introductions et l'effondrement de la nouvelle économie. Toutefois, « il doit subsister un marché d'acclimatation pour les sociétés qui commencent en bourse avant de passer à une catégorie plus large » souligne le président de Assystem-Brime, le Marché Libre semblant le lieu adéquat pour ces jeunes pousses et les investisseurs friands de frissons. Si le projet d'Euronext voit effectivement le jour, il serait toutefois « dramatique qu'il y ait une classification sur un seul critère, type la capitalisation », déplore le président de Gaudriot qui espère « que plusieurs éléments permettront aux investisseurs de se faire leurs propres jugements ». A ce titre, Dominique Louis anticipe une segmentation qui se fera par activité et les sociétés « seront de toute façon triées par les analystes ». Appliquer les règles existantes. Le vrai souci pour ces valeurs moyennes reste aujourd'hui de sortir du lot sur un marché hexagonal qui compte près de 1000 sociétés cotées. Et c'est bien là que le bât blesse. « L'application de l'appartenance des sociétés aux indices et les règles NextPrime et NextEconomy ne fonctionnent pas » constate Guy Mamou-Mani. La première démarche pour Euronext serait donc de « faire respecter les critères ». Et tous de regretter que ce non-respect des règles brouille l'image des small et midcaps. Il faut donc « se mobiliser pour que règles soient applicables et appliqués » et que les entreprises qui ne rentrent plus dans les critères de composition des indices IT CAC 50 ou encore SBF 120 et les sociétés qui ne respectent pas les règles des segments NextPrime et NextEconomy soient sanctionnées par une sortie pur et simple. L'appartenance au comité indépendant des valeurs moyennes Middlenext apparaît pour tous un bon moyen de pression mais ne peut remplacer le rôle de régulateur d'Euronext. Dernière victoire en date de MiddleNext, dont se félicite les trois dirigeants, la récente suppression de publier des comptes trimestriels. Cette obligation devait en effet entrer en vigueur en 2004 pour les sociétés membres des segments NextPrime et NextEconomy. Dans le projet d'Euronext, sur lequel un groupe de travail dirigé par André Levy-Lang rendra sa copie d'ici fin mars, un indice large des valeurs moyennes remplacerait les indices actuels Second Marché et MidCac. A la rencontre des investisseurs. L'autre moyen pour ces valeurs de croissance d'accroître leurs visibilités est le renforcement de leurs suivis par les analystes financiers. « Nous avons toujours un vrai problème de suivi de la part de la communauté financière et des analystes en particuliers. Mais cela s'améliore. Il y a encore deux ans, les sociétés de moins de cent millions d'euros de capitalisation étaient totalement délaissées. Chez Groupe Open, nous nous sommes totalement réorganisés pour accroître notre visibilité. Mon rôle principal au sein de l'entreprise est aujourd'hui d'aller à la rencontre des brokers et des investisseurs. C'est un effort permanent et il faut être pro-actif », explique Guy Mamou-Mani. Pour le président d'Assystem, la question reste de savoir « comment financer des analystes financiers pour les valeurs moyennes ? ». Au-delà de ce suivi, la vraie problématique qui importe à ces entrepreneurs est de construire « une relation privilégiée avec ses investisseurs » comme le souligne Dominique Louis. Et donc d'aller, le plus souvent directement, à leurs rencontres. Ce qu'a d'ailleurs fait récemment le président d'Assystem en visitant Merrill Lynch, qui détient au travers de certains de ses clients, 10% du capital de son groupe. Passer au SRD. Quoi qu'il en soit, malgré ces vicissitudes pour les valeurs moyennes au sein de la cote parisienne, les dirigeants d'Assystem, de Gaudriot et de Groupe Open restent persuadés de l'intérêt de la Bourse, « un investissement sur le long terme ». « Nous y avons trouvé ce que nous y cherchions à savoir des sources de financements » rappelle Guy Mamou-Mani, qui a levé 11,4 millions d'euros en avril 2002 par émission de 661 275 actions nouvelles, au prix de 17,25 euros par action. Et d'ajouter, « aujourd'hui nous avons du papier que nous allons utiliser pour de la croissance externe ». Pour le président d'Assystem, « quoi qu'on dise, la cotation sert au business. Si vous faites ce que vous avez annoncé à la communauté financière, vous êtes bien traités par le marché. Dans la durée, la Bourse reflète la valeur de l'entreprise ». Quant à Pierre-Henri Gaudriot, il se plaît à rappeler que « notre objectif en venant en Bourse a été en grande partie de rendre notre métier plus lisible ». Les règles boursières, mais aussi son adhésion au segment NextPrime, lui « ont permis de structurer l'entreprise ». Au-delà d'un segment unique, de nouvelles règles ou encore d'un suivi analytique plus accru, la meilleure façon d'émerger pour ces small et midcaps reste de grandir et de grossir. « La seule chose qui m'importe est de passer au SRD » résume le président d'Assystem. |











