Métaux : vers un éclatement de la bulle spéculative ? |
|
|
| Mercredi, 23 Mai 2007 14:42 |
|
Simple correction après plusieurs mois de hausse ininterrompus ou éclatement de la bulle spéculative ? Depuis le début du mois de mai, les cours du cuivre ont chuté sur le London Metal Exchange (LME) premier marché de métaux à terme au monde, tirant à la baisse d‘autres métaux de base comme le zinc. Sur le LME, le prix officiel du cuivre pour livraison dans trois mois est ainsi temporairement tombé aux alentours de 7200 dollars, après avoir touché un plus haut à 8200 dollars début mai. La contagion est pour l'heure circonscrite, puisque l'aluminium continue d'évoluer sur une tendance haussière, de même que le plomb et le nickel. Selon les spécialistes de la banque Barclays Capital, cet accès de faiblesse est un mal « nécessaire afin de construire des bases solides avant une nouvelle remontée ». Pour d'autres, le mal est beaucoup plus profond. Selon Stephan Roach, économiste en chef chez la banque d'investissement Morgan Stanley cité par l'agence Bloomberg, la demande faiblit en raison du ralentissement économique aux États-Unis. Surtout, plusieurs analystes pointent du doigt le resserrement monétaire opéré par la Banque centrale de Chine (BoC) qui souhaite tempérer la frénésie économique chinoise en freiner le crédit et l'investissement. Ce qui a immédiatement suscité des appréhensions quant à un éventuel impact négatif sur la demande de l'Empire du Milieu, premier utilisateur mondial de métaux de base. Dans cette optique, le cuivre apparaît en première ligne. Le groupe international d'étude du cuivre (ICSG) a fait savoir que la production mondiale de cuivre raffiné avait enregistré en 2006 un excédent de 330.000 tonnes, son premier depuis 2002, information propice à une baisse des cours. L'ICSG prévoit également de nouveaux excédents en 2007 et 2008 alors qu'entre 2003 et 2005, le déficit de production cumulé s'élevait à plus de 1,45 million de tonnes. Un panel réalisé par Bloomberg auprès de 12 analystes financiers prévoit ainsi une diminution de 30% du prix de la tonne de cuivre d'ici à la fin de l'année pour tomber à 5650 dollars au quatrième trimestre. Selon la même source, les prix à la tonne du nickel et du plomb baisseront de 50% par rapport aux prix records atteints le 4 mai dernier, soit respectivement 24450 et 1000 dollars. Robin Bhar, spécialiste du nickel chez UBS partage cet opinion sur le fond mais évalue la juste valeur du métal blanc dans une marge de 30000 à 40000 dollars la tonne. La position de Crédit Suisse est opposée : l'établissement estime que les cours du nickel pourraient encore progresser de 20% pour atteindre 65000 dollars alors que le manque de capacité pour fondre le minerai et le transformer en métal devraient maintenir une pression sur les approvisionnements. Quoi qu'il advienne, les sociétés potentiellement touchées affichent leur sérénité. Lors de l'assemblée générale de Nexans, leader mondial de l'industrie du câble et premier acheteur individuel de cuivre au monde, le président Gérard Hauser a estimé que les prix du métal devrait demeurer dans une fourchette de 6000 à 9000 dollars la tonne dans les deux ans. De même, Eramet a jugé que les cours actuels du nickel ne sont pas en phase avec la réalité du marché alors qu'en parallèle certains producteurs d'aciers inoxydables ont prévu de réduire leurs productions pour faire face à un ralentissement de la demande. |











