« Sur un horizon de 20 ans, les actions offrent la meilleure rentabilité » |
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| Mercredi, 01 Juillet 2009 00:00 |
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Alors que la rémunération du Livret A est en chute et que l'Etat va lancer un emprunt, l'économiste Philippe Crevel répond aux questions de la rédaction de toutsurlesplacements.com. Selon lui, la Bourse reste un placement rentable à long terme. Pour la première fois en 2009, on assiste à une décollecte du Livret A et du LDD. Comment peut-on expliquer ce retournement ? Cette tendance est assez logique : la hausse de l'an passé a été dopée par de taux forts et par l'ouverture à la concurrence de la distribution du Livret A. Les assureurs ont réagi en proposant des assurances-vie en euros avec des rémunérations atteignant 4,5 / 5%. L'autre surprise est la petite baisse du taux d'épargne des Français : ils ne veulent pas diminuer leur niveau de vie. La rémunération du Livret A va être recalculée au 1er août. Une nouvelle baisse, comme cela sera vraisemblablement le cas, signera-t-elle le coup d'arrêt du Livret A ? Il faut d'abord souligner qu'aujourd'hui à 1,75%, le Livret A offre un rendement honnête, comparé à l'inflation et à l'imposition des autres produits d'épargne. S'il baisse encore en août, le mouvement de décollecte va s'accentuer. Mais je ne crois pas à une forte diminution du taux car les pouvoirs publics n'y ont aucun intérêt. Je pense que la rémunération ne descendra pas plus bas que 1,5%. Nicolas Sarkozy a annoncé le lancement prochain d'un grand emprunt. Est-ce un bon placement ? C'est un retour à une forme de placement qui avait lieu durant les années 80. Mais il s'agit plutôt d'un coup de communication, car l'Etat emprunte 100 milliards d'euros chaque année sur les marchés. Nous ne sommes plus à l'époque d'Antoine Pinay où les emprunts nationaux servaient vraiment à récupérer de l'argent. Tout dépend des modalités, mais avec un taux d'intérêt de 4 à 5%, l'Etat pourra trouver facilement 5 milliards d'euros cette fois-ci. On assiste aussi à un retour du marché obligataire. EDF a par exemple fait appel aux particuliers. Existent-ils des risques qui pourraient grever ces placements ? Je ne crois pas à un retour à l'inflation dans les 2 ou 3 prochaines années qui amputerait le rendement des emprunts obligataires. Pour moi, le seul le risque est que la BCE remonte ses taux directeurs. Mais entre un taux aujourd'hui à 1% et un emprunt obligataire, par exemple de 8,25% chez ArcelorMittal, il y a de la marge. Sur le long terme, l'obligataire n'est pas un mauvais placement. Après une baisse de 42% en 2008, le CAC 40 a perdu environ 2% au premier semestre 2009. Comment voyez-vous évoluer la Bourse ? Ces dernières semaines, nous sommes revenus dans une période baissière, les institutionnels prenant des plus-values après les hausses des derniers mois. C'est sans doute une bonne période pour entrer en Bourse, à condition bien sûr, de ne pas avoir besoin des sommes que l'on investit. La visibilité des entreprises est meilleure qu'en 2008. Ce constat pourrait donc favoriser les assurances-vie en unité de compte ? Oui c'est sans doute aussi le moment de réaffecter une partie de ses fonds en unité de compte. Les prix de l'immobilier diminuent. Est-il toujours bon d'investir dans la pierre ? Les facteurs psychologiques empêchent les investisseurs d'avoir une vision rationnelle sur l'immobilier. Il est très difficile de dégager une rentabilité de 5% avec l'immobilier, mais l'attrait de la pierre pèse dans le choix des investisseurs. Par exemple, bon nombre de Borloo ou de Robien ont une rentabilité très faible. Et aujourd'hui, avec la baisse du marché, le moment est-il plus opportun ? Il n'existe pas un marché de l'immobilier, mais plusieurs. En région parisienne par exemple, les prix diminuent fortement en second couronne alors qu'ils résistent au cœur de la capitale. Quoi qu'il en soit j'envisage plutôt une diminution de 10% des prix cette année, plutôt que de 25%. En conclusion, quels sont les produits qui dégagent la meilleure rentabilité à long terme ? Toutes les études réalisées sur le sujet sont formelles : sur un horizon de 20 ans, les actions offrent la meilleure rentabilité, suivies des obligations puis de l'immobilier. |















