Valeurs moyennes : une « surperformance » qui ne se dément pas |
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Dans une conjoncture boursière marquée par la volatilité, les performances affichées par les valeurs moyennes apparaissent très supérieures à celles des grandes capitalisations. Un rattrapage justifié qui ne fait que commencer selon les gérants spécialisés. Les valeurs moyennes auraient-elles retrouvé les faveurs des investisseurs ? Au vu de leur performance depuis le début de l'année (+15,9% pour le Second Marché et +28,5% pour le MIDCAC contre +9,5% pour le CAC 40), on serait tenté de le croire et pas seulement auprès des investisseurs institutionnels français dont les fonds retrouvent des couleurs. Dans sa dernière livraison, l'étude faite par Brunswick sur les préférences des investisseurs institutionnels américains en matière de valeurs européennes montre que la part de ces derniers enclins à investir sur des sociétés européennes présentant une capitalisation boursière inférieures à 500 millions d'euros a doublé pour atteindre 25% (contre 13% il y a un an). Un phénomène qui n'étonne pas les gérants valeurs moyennes français. « Il est clair que les midcaps et notamment françaises présentent aujourd'hui un profil de croissance supérieur aux grandes valeurs parce qu'elles sont les mieux à même de créer de la valeur », explique Jean-Sébastien Beslay, associé gérant du fonds Trusteam Garp dédié aux valeurs de croissance qui a progressé depuis fin 2002 de 41,2%. « A titre d'exemple, nous avons fait une sélection de valeurs moyennes en privilégiant des critères de régularité des bénéfices et de pérennité de la croissance. Ceci nous a permis d'en comparer la valorisation actuelle avec la moyenne des cinq dernières années et de qualifier celle ci par rapport à la croissance des bénéfices. La croissance estimée de l'échantillon ressort à 25% alors que la moyenne de progression des bénéfices des valeurs de croissance des grands indices européens est comprise entre 10 et 15%. Sa valorisation calculée sur la base du PER moyen des années 2001 et 2002 représente en moyenne 60% de la valorisation historique des années 1995-2000 », explique ce gérant. Cet écart de valorisation tient à deux phénomènes : d'abord le mouvement de désaffection des investisseurs pour ce type de valeurs à la suite de l'éclatement de la bulle Internet et ensuite à la couverture de plus en plus réduite offerte par les sociétés de Bourse. Parfaitement conscients de la sous-valorisation manifeste des small et midcaps, les fonds d'investissements sont venus faire leurs emplettes et lançant des OPA sur des sociétés qui offrent davantage de pérennité et de transparence que leurs consœurs non cotées. Dernières victimes du phénomène, Mecatherm qui a fait l'objet vendredi dernier d'une offre de rachat par la société de capital risque Astorg Partners et 21 Centrale Partners au prix de 22 euros par action ou encore Transiciel qui va être absorbée par Cap Gemini. Le problème qui risque de se poser à terme est la raréfaction des véhicules d'investissement. En effet, avec la multiplication des opérations de sorties de cote et des rapprochements, le nombre de valeurs moyennes se réduit. « Soit les opérations d'introduction en Bourse reprennent et permettent une régénération de la cote soit de manière mécanique les prix que seront prêts à payer les investisseurs vont augmenter parce que le panel de valeurs se réduit alors que les capitaux à placer vont croître », prévient Jean-Sébastien Beslay. Pour répondre à ce problème, certains gérants demandent aux autorités de marché la création d'un compartiment unique dédié aux valeurs moyennes. « La séparation entre le Nouveau Marché et le Second Marché n'a plus de sens. La création d'un compartiment unique offrirait un échantillon plus large de valeurs tout en désenclavant certains fonds du Nouveau Marché », indique l'un d'entre eux. |











